Zoekveld

INAMI et politique ou quand le communautarisme prévaut au pragmatisme (CIUM)
29/06/2016 - 02:55

Ce matin, nous apprenions dans les médias, qu’hier, la ministre DeBlock qui présentait les chiffres de la planification médicale à la chambre au sujet d’un seuil minimal de diplômés jugé critique avait été interpellée par Mme Fonck sur la potentialité de se servir de ce seuil comme d’une base sur laquelle s’appuyer pour le lissage négatif et ce pour satisfaire la NVA.

A ce titre, le CIUM tient à rappeler quelques éléments:

1. Tout d’abord, nous rappelons à la NVA que la ministre De Block est une ministre fédérale qui en l’occurrence se base sur des données scientifiques transmis par la commission de planification. Les débats communautaristes n’ont rien à faire dans un dossier qui concerne la force médicale de Belgique et nous nous opposerons à toute tentative de manipulations politiques dans un protocole d’accord qui concerne l’avenir de nos soins de santé.

2. Ensuite, il a depuis le début été convenu que le lissage négatif dont la durée n’a toujours pas été déterminée ne devait pas excéder une certaine limite.

3. Un lissage en 5 ans comme préconisé par la NVA (qui n’a pas l’air d’être consciente des réalités d’un terrain sur lequel elle n’a probablement jamais mis les pieds) entrainerait la fermeture des facultés de médecine faute d’étudiants, il est également totalement déplacé d’exiger le moindre « intérêt de retard » lorsqu’il s’agit de déterminer l’avenir de milliers d’étudiants

4. Un lissage en 10 ans comme préconisé par la ministre De Block ne permettrait de former que des médecins généralistes pendant cette décennie puisque la médecine générale est la seule branche qui dispose d’un quota minimal à former.

5. De plus, un quota "critique" de 300 médecins ne doit garder que ça valeur indicative: en réalité, comme les études de 2015 l'indiquent, la pénurie dans la région wallonne va s'accentuer. Les médecins wallons partant à la pension seraient remplacés uniquement à un taux de 43% si tous les étudiants en cours de cursus obtenaient un numéro INAMI. Il est important donc de mettre l’accent sur le quota recommandé par la commission de planification (525/an) plutôt que le seuil de viabilité.

6. Il faut donc plutôt garder le chiffre "standard" de 525 médecins par an comme proposé par la commission de planification et de ne pas citer un quotas critique : ce quota pourrait vite acquérir, sous la pression politique flamande, le nom de "quotas minimal", abaissant à nouveau le nombre de médecins pouvant recevoir par an un numéro INAMI.

Pour Quentin Lamelyn, Président, et Giovanni Briganti, Vice-Président du CIUM « face aux évidences scientifiques transmises notamment par la commission de planification, nous avons bon espoir que notre ministre de la santé, médecin de formation et donc scientifique, balaye les arguments populistes (ne se basant sur aucun argument démontré scientifiquement) de certains partis visant à torpiller la future offre médicale wallonne. »

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