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Contraception orale d’urgence : 65 % des femmes se tournent d’abord vers le pharmacien
28/06/2016 - 04:11

En 2011, près de 20.000 interruptions de grossesses ont été enregistrées en Belgique. Un chiffre qui met en évidence un problème dans la gestion de la contraception mais aussi une méconnaissance de la contraception orale d’urgence. Une enquête nationale menée à la demande de HRA Pharma désigne le pharmacien comme un interlocuteur de proximité privilégié. 

"La plupart des femmes sous-estiment leur risque de grossesse dans notre pays, déclare le Prof. Dr Mireille Merckx, chef de Service Gynécologie à l’AZ Jan Portaels et membre du staff à l’UZ Gent. Le système reproducteur, la contraception et la contraception d’urgence sont autant de sujets encore souvent mal connus. Chaque méthode préventive susceptible d’éviter un maximum de grossesses non désirées, et de fait un recours à l’IVG, doit être soutenue".

Dans leur grande majorité, les professionnels de la santé reconnaissent le rôle essentiel que joue la contraception orale d’urgence au sein de l’arsenal contraceptif. Commercialisée afin de servir de méthode de secours en cas d’absence ou d’échec de la méthode contraceptive, elle fait l'objet d'une méconnaissance flagrante quant à son mode de fonctionnement et son utilisation.

1 femme sur 4 associe la pilule du lendemain à un avortement

Dans les faits, la contraception orale d’urgence stoppe ou retarde l'ovulation et interrompt ainsi la fertilisation. Mais parmi les femmes interrogées lors d’une enquête nationale, elles ne sont que 8% à le savoir. Aujourd'hui, 1 femme sur 4 pense que la contraception orale d’urgence altère et expulse l’ovule ou l’embryon en provoquant les règles. Un avortement, en somme! Cet avis est même partagé par près de 1 jeune sur 3 âgée de 15 à 25 ans. Des résultats alarmants…

Le Prof. Dr Mireille Merckx est confrontée à cette problématique dans sa pratique quotidienne: "La contraception d’urgence se retrouve face à une barrière psychologique: trop de femmes pensent que la pilule du lendemain provoque un avortement. Mais il existe d’autres causes: un secteur de santé en manque d’informations, des raisons culturelles et religieuses, la crainte des effets indésirables, etc. Et puis, penser que l’ovulation se déroule toujours aux environs du jour 14 du cycle est un concept commun qui ne concorde pas avec la réalité. Le moment de l’ovulation varie fortement".

Une méconnaissance flagrante de la pilule du lendemain en Belgique

75% des femmes qui ont déjà pris une pilule du lendemain au moins une fois dans leur vie ont moins de 35 ans. Près de 40% ont même entre 15 et 25 ans. Malgré le fait que 63% des femmes pensent disposer de suffisamment d’informations au sujet de ce type de pilule, près de 1 femme sur 2 avoue ignorer son mode de fonctionnement.

Ce problème d'information se traduit par des doutes quant à l'efficacité et la sécurité de la contraception orale d’urgence. Même les femmes qui y ont eu recours se posent des questions quant à d'éventuels risques de toxicité. De même, de nombreuses femmes pensent que toutes les pilules du lendemain présentent une efficacité similaire. L’acétate d’ulipristal est pourtant une contraception orale d’urgence plus efficace que le lévonorgestrel.

Le pharmacien, un interlocuteur de proximité privilégié

En matière de contraception d’urgence, c'est d'abord vers le pharmacien que se tournent les femmes (65%). Bien avant le médecin de famille (26%) ou le gynécologue (10%). 77% des 15-25 ans et 72% des 26-35 ans consultent un pharmacien pour se procurer une pilule du lendemain le plus rapidement possible. Pour 1 jeune sur 3 et 39% des 26-35 ans, le pharmacien est même la première source d’information. À charge pour lui de rassurer.

"En rentrant dans une pharmacie, les femmes demandent généralement simplement la pilule du lendemain, ajoute le Prof. Dr Merckx. Il incombe par conséquent au pharmacien d’informer sa patiente de l’existence de plusieurs types de contraceptions d’urgence. De même que le pharmacien, conseiller souvent privilégié, devra de préférence rediriger la personne vers le médecin traitant ou le gynécologue. La délivrance d’une contraception d’urgence plus efficace est un droit fondamental de toute femme qui ne souhaite pas tomber enceinte. Le prix d’un produit ne fait pas le poids avec les frais liés à une grossesse non désirée pour la communauté. »

Commercialisée pour la première fois en 2009 , la pilule de contraception d’urgence EllaOne bénéficie depuis un peu plus d’un an d’une délivrance en pharmacie sans ordonnance.

Une efficacité maintenue pendant les 48 heures précédant l’ovulation

La pilule ellaOne est le premier représentant d’une nouvelle classe thérapeutique : les modulateurs sélectifs des récepteurs de la progestérone (SPRM). EllaOne permet  d’inhiber la rupture folliculaire et empêcher l’ovulation même en cas de prise correspondant au début de la montée du pic de LH alors que l’effet du lévonorgestrel est limité jusqu’à l’augmentation initiale du taux de LH.

« EllaOne agit sur le follicule jusqu’à ce qu’il mesure 18 mm, donc au plus proche de l’ovulation qui est la période de fécondabilité maximum », précisait le Dr Christian Jamin, gynécologue et endocrinologue à notre confrère du Quotidien du médecin . En clair, « lorsque la contraception d’urgence est prise de façon optimale dans les 24 heures suivant le rapport, la prise de Norlevo divise le risque de grossesse par 2 et EllaOne le divise par 6 ». L’efficacité dans les 24 heures qui suivent le rapport sexuel non protégé d’EllaOne avait conduit l’Agence européenne du médicament à recommander sa délivrance sans ordonnance partout en Europe.

> Pour plus d’informations, visitez www.piluledulendemain.info

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