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Tribune Libre: Médecin Conseil : médecin raté ou métier d'avenir en constante évolution? (Dr. Dominique Feron)
10/08/2016 - 02:04

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Que ce soit dans l’opinion publique ou au sein même de la profession médicale, force est de constater que les stéréotypes négatifs envers les médecins conseils sont encore tenaces. Leur rôle est souvent confondu avec celui du médecin contrôle (que les employeurs ont le droit d’envoyer chez leurs employés malades pour évaluer la nécessité de l’absence au travail). On leur associe erronément l’image de « gendarme » de l’incapacité de travail.

Pourtant, le mot « conseil » associé au mot « médecin » met en évidence le rôle crucial que joue le médecin conseil dans le suivi des malades et leur réinsertion socio- professionnelle consécutive à une maladie.

Nous identifions ci-dessous 5 éléments qui mettent en évidence les qualités et les intérêts du métier de médecin conseil comme expert en médecine d’assurance et en évaluation des atteintes à la santé, et certainement pas médecin raté ou médecin gendarme.

1. Multidisciplinarité

Le médecin conseil travaille au sein d’une équipe pluridisciplinaire, en collaboration avec des kinésithérapeutes, infirmier(e)s, psychologues, administratifs, assistant(e)s sociaux(ales). Ces « regards croisés » lui ouvrent des opportunités d’enrichir ses connaissances et surtout, de développer des pratiques proactives et adaptées en matière de prévention des risques pour les patients. Au quotidien, il participe à l’organisation de son travail et à la réflexion sur l’évolution de son métier.

2. Expertise et évolution de la matière

Le médecin conseil est un médecin généraliste ou spécialiste ayant un certain nombre d’années de pratique clinique. Il acquiert ensuite une expertise en médecine d’assurance. Il évalue la situation médicale des assurés et il apporte les réponses qui sont en accord avec la législation. Ses missions sont d’ailleurs définies par cette dernière via l’INAMI et il est assermenté. Ses compétences concernent l’évaluation de l’incapacité de travail, la réinsertion professionnelle, la supervision de l’octroi de soins de santé, la défense des droits des assurés mais aussi les conventions internationales en matière de santé.

3. Rôle central et indépendance

Le médecin conseil tient un rôle central au sein de la Mutualité. Il représente l’interface médicale incontournable entre l’assuré, les prestataires de soins et l’administration. Il collabore aussi avec le médecin du travail et assiste à des expertises.  Par ailleurs, son statut lui garantit une totale indépendance de décision et ne peut être soumis à aucune pression par l’un ou l’autre de ses partenaires.

4. Développement et enrichissement intellectuel

Le médecin conseil est régulièrement confronté à de nombreuses pathologies dont certaines très rares, ce qui l’amène à se remettre en question et trouver des solutions à des problèmes nouveaux.

Il bénéficie en outre d’un programme de formations continues axé sur l’évolution de pratiques intéressantes et variées mais aussi ancré aux changements constants de la législation.

5. Collaboration

Le médecin conseil collabore avec le secteur thérapeutique et la médecine du travail.

Il participe notamment à des groupes de concertation et réflexion (TRIO) afin d’améliorer la prise en charge et la réinsertion des patients.

Il est également à l’écoute des prestataires de terrain pour discuter des cas et prendre la meilleure décision possible, tant en prescription de soins de santé qu’en incapacité de travail.

Au regard de ces 5 éléments, il devient évident que le métier de médecin conseil est passionnant et en mutation constante. L’intégration de l’évolution des connaissances scientifiques, des nouvelles technologies de collectes et d’échanges de données, des législations en matière de sécurité sociale et de travail et la mondialisation sont des défis intellectuellement stimulants. Ce métier varié et intéressant représentera de plus en plus une piste professionnelle pour des médecins qui souhaitent s’y investir. Le médecin conseil est également amené à devoir jouer un rôle de plus en plus proactif, véritable chef d’orchestre de la réinsertion d’un malade en incapacité de travail.

Dr. Dominique Feron, Médecin Directeur Solidaris- UNMS

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Tribune Libre: Médecin Conseil : médecin raté ou métier d...

Très bien la communication avec les soignants, sauf qu'ils ne prennent que très rarement leur téléphone, et qu'on ne peut plus les avoir au téléphone .....

Quand à l'aide à la réinsertion, c'est plutôt élimination et chômage de manière souvent arbitraire...