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Tribune Libre: Non à la marchandisation des officines pharmaceutiques !
27/10/2015 - 01:22

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Face au phénomène interpellant des “Medi-Market”, le Professeur Jean Nève et le pharmacien Christian Elsen s'inquiètent devant devant ce qui s’apparente à "une grosse machine voulant tout écraser sur son passage". Avec cette Tribune Libre ils veulent faire entendre l’opinion de représentants du monde scientifique.

Les “supermarchés” de la santé entretiennent la confusion des genres, sous le grand chapeau de la médecine. Un pas en arrière pour nos soins de santé!

Les médias évoquent de plus en plus fréquemment le phéno­mène certes interpellant des “Medi-­Market”, un conglomé­rat subtil sur un même lieu géographique d’une officine pharma­ceutique et d’un magasin de “para­pharmacie”. Cette enseigne unique en son genre en Belgique prétend entre autres offrir des services qu’on ne trouve pas dans les officines pharma­ceutiques classiques et ce, à un prix dé­fiant toute concurrence. Qualifiés par­ fois de “supermarchés” de la santé, ils promotionnent allègrement médica­ments traditionnels, préparations cosmétiques en tous genres ou encore produits dits naturels, dûment accom­pagnés des conseils de spécialistes tels des diététiciens, des esthéticiens et des naturopathes sans oublier, bien sûr, des pharmaciens. Plusieurs acteurs du monde pharmaceutique ont déjà fait part de leurs sentiments devant ce qui s’apparente à une grosse machine vou­lant tout écraser sur son passage et qui indubitablement entretient la confu­sion des genres, le tout sous le grand chapeau de la médecine.

L’opinion de représentants du monde scientifique (dont les universi­tés et les instituts de formation conti­nue) n’a pas encore été beaucoup en­tendue. En tant que membres de cette catégorie de professionnels, avouons que nous sommes quelque peu désar­çonnés par cette entrée en force dans notre paysage des “Medi­-Market”.

De plus, nous nous posons la ques­tion de savoir s’il s’agit là de la dé­monstration par l’absurde de l’échec des réalisations récentes en matière de réforme des soins de santé en Belgique et particulièrement en ce qui concerne la dispensation des mé­dicaments. Aurions ­nous ainsi perdu 10 années de concertation entre pharmaciens, assureurs et responsables politiques pour concevoir et mettre en place un nouveau mo­dèle efficient de dispensa­tion des médicaments alors qu’il suffisait d’importer de tels modèles? Ne nous y trompons pas cepen­dant, le modèle qu’on nous avance sous la déno­mination “les nouvelles pharmacies” n’a rien de nouveau puisqu’il n’est autre que celui déjà en cours dans des pays où sévit une mé­decine à deux vitesses, là où des in­vestisseurs privés se préoccupent bien plus de la santé de leur porte­feuille que de celle de la population.

Un modèle “tailor made for Belgium”

En Belgique, les secteurs qui repré­sentent les officines privées et les offi­cines coopératives, qui coexistent de­puis bien longtemps, ont toujours unanimement cultivé l’intérêt géné­ral de santé publique et un profond respect de l’abord social et médical du patient et ce, dans une approche économique responsable et réaliste. Peu de pays peuvent se targuer d’avoir modifié structurellement les piliers fondamen­taux d’une profes­sion comme celle de pharmacien d’officine au cours de ces dix derniè­res années. Citons sans exhaustivité, la reconnaissance du pharmacien en tant que presta­taire de soins (2006), les nouvel­ les modalités d’exercice de la profession de phar­macien (2009), la déconnexion de la rémunération des officines avec le prix des médica­ments pour les mé­dicaments rem­boursables (2010), la mise en place du Dossier pharmaceutique partagé (2014), des entre­tiens de nouvelle médication (2014), la tarification à l’unité (2015) et la formation continue obligatoire (2015).

L’ensemble de ces réformes voulues par la profession, encadrées par les universités et soutenues par les res­ponsables politiques, a permis la mise en place d’un modèle adapté à la Bel­gique qui tient compte des besoins de la population en combinant l’aug­mentation de la qualité des services et la maîtrise des dépenses du sec­teur. Cette volonté de construire un modèle officinal “tailor made for Bel­gium” a encore été réaffirmée par l’actuelle ministre de la Santé qui, tout en reconduisant le moratoire fixant le nombre maximum d’offici­nes en Belgique, a invité le secteur à poursuivre la concertation sur la qua­lité du maillage territorial.

Non à une marchandisation à outrance

On est donc très loin de ces discours simplistes, démagogiques et fausse­ment avant­gardistes prônant le “big is beautiful” qui tendraient à démon­trer qu’il s’agit là d’une piste pour améliorer l’accessibilité aux soins pharmaceutiques. En effet, l’impor­tant n’est pas de faire encore plus baisser le prix du médicament et de multiplier à l’envi toutes les tenta­tions mercantiles vis-­à­-vis du patient mais plutôt de gar­der sous contrôle le coût des soins de santé en général tout en améliorant la prise en charge médico­pharma­ceutique person­nalisée du patient.

Pour ce faire, il faut notamment modi­fier les habitudes de prescription, de dispensation et de consommation des médicaments.

Seuls des concerta­tions et dialogues de proximité entre prestataires de soins et patients permettent d’at­teindre l’objectif et certainement pas une politique de bradage des prix et de confusion des genres. A cet égard, le financement de la concertation médico­pharmaceutique qui vient de débuter reste un pas décisif en ce sens.

Permettez ­nous donc de douter, au vu des arguments utilisés, que ces su­permarchés du médicament et des produits de santé, répondent en Bel­gique à un besoin de Santé publique. Si on ne met pas un coup d’arrêt à cette marchandisation à outrance, at­tendons ­nous demain à d’autres abus tels des investissements privés mas­sifs dans le secteur des cliniques et hôpitaux privés. La Belgique sera­t­ elle un nouvel eldorado pour les mar­chands de santé?

 

Phn. Christian ELSEN, pharmacien, directeur de la Société scientifique des pharmaciens francophones

Pr. Jean NÈVE,  professeur en pharmacie à l’université libre de BruxellesPrésident du Conseil Supérieur de la Santé 
 

Commentaire

Tribune Libre: Non à la marchandisation des officines...

 Depuis des années le pharmacien finance  la santé public par l' application du tiers payant et par le fait que la marge bénéficiaire est bloquée pour les médicaments chers . Si  ces médicaments chers représentaient une partie infîme des dispensations il y a 20 ans ,aujourd'hui elle atteint plus de 50%  dans certaines pharmacies. L' équilibre financier des pharmacies est en danger,pour preuve les faillites de ces dernières années . L'installation de ces Mediamarket affectera encore plus cet équilibre avec comme finalité que le pharmacien ne sera plus capable de financer des thérapies coûteuses.

Il y a donc une question qui se pose?

Qu'en est-il de l' investissement de ces Médiamarket en terme de sécurité sociale ?

Chantal De Saeger

Tribune Libre: Non à la marchandisation des officines...

Non au super Bazar de la santé.la file avec des petits " caddy " bien rempli de promos ,vitamines ,tisanes,nutrition, pizza surgelée,alimentation hyperproteinée. Et puis les gens se plaindront de mille maux.de problèmes renaux,de déséquilibre etc...

A qui sera la faute? A notre ministre de la santé , le docteur Maggie  De Block! Qui autorise n'importe quoi!! C'esr l'europe madame beulemans, c'est pas moi hein,allaye...

Allons, allons, vous ne savez pas que tout est permis en Belgique! On voit de tout  en Belgique.

exemple : des portiques de sécurité en France pour le tgv en France! Et en Belgique ? RIEN!! Il ne le savait pas, c'est la presse qui l'apprends au ministre des transport. 

exemple : la radicalisation a molembeek, en France , des attentats et des centaines de morts, en Belgique? On ne savait pas...force 3, force 4, hein, le roi, onze Konings est à la plage en Bretagne!,allaye, c'esr la Belgique.

Madame la ministre, faudra pas dire que la santé de vos compatriotes se sera degradée sans que vous le sachiez par fautes des medi markets.

nous on le sait et on vous le crie HAUT ET FORT.

A bon entendeur salut

darquenne.( un peu de brusseleers pour faire passer le oupske)