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Les médecins interrogées dans le cadre de notre enquête nationale se plaignent très souvent de la pression de travail qu’ils subissent. Celle-ci pourrait être allégée en modifiant l’organisation du travail : travailler plutôt en pratique de groupe, dans une maison médicale ou au sein d’une association.
Mais 63 % des médecins préfèrent pratiquer en solo.

Et lorsqu’ils décident de s’engager dans une collaboration, beaucoup de généralistes ont tendance à choisir d’abord le partenaire ou la partenaire avec le(a)quel(le) ils sont mariés ou avec qui ils/elles cohabitent. Plus on monte dans la pyramide d’âge, plus on rencontre d’ailleurs de généralistes pratiquant en solo.

A contrario, plus on est en présence d'un jeune médecin, plus la pratique de groupe augmente (voir le tableau ci dessous par année de diplôme). A partie des années 2000, 75% au moins des jeunes médecins diplômés ont opté pour la pratique de groupe. A partir des diplômés de 2005, ce taux passe à 80%!

 

Il y a aussi des différences régionales. Le généraliste francophone préfère travailler en solo, tandis que le médecin flamand penche plus pour une association.  

Les femmes sont également plus nombreuses à travailler en association.


 

L’un et l’autre ont apparemment des arguments rationnels: le généraliste flamand affirme disposer de davantage de temps pour lui-même et pour son patient, tandis que le généraliste francophone ne jure que par la relation de confiance personnelle avec son patient.

Ils partagent cependant une seule et même chose: tant le Flamand que le Francophone se plaint d’avoir trop de travail: Mais bien 85 % des généralistes travaillent plus de 8 heures par jour. Une journée de travail de 10 heures est monnaie courante pour 34 % des généralistes, 24% travaillent 12 heures par jour et pas moins de 17 % travaillent encore davantage. Les généralistes wallons sont ceux qui travaillent le plus (22% > 12 h).
Il y a cependant une différence notoire entre l’appréciation de la surcharge de travail selon que l’on soit en Flandre ou en Belgique francophone.
Selon ceux qui assurent la formation des généralistes, les pratiques de groupe permettent de diminuer la charge de travail. Mais les recherches internationales démontrent en revanche qu’aucune des deux solutions ne permet de réduire la charge de travail.
La participation d’un assistant de pratique ne diminue pas, ou alors bien peu, la charge de travail totale du généraliste. Mais tant le généraliste que le patient est satisfait de la présence de l’assistance: elle augmente la qualité des soins.
NIVEL, l’Institut néerlandais pour la recherche dans les soins de santé a, une fois de plus, effectué en 2002, à la demande de la Fondation pour l’Exercice de la Pratique des Généralistes (Stichting Praktijkvoering Huisartsen), une enquête sur l’introduction des assistants. Cette enquête s’est révélée particulièrement intéressante car elle démontre à la perfection ce qu’est le résultat de la combinaison des soi-disant trajets de santé que la Belgique met en place actuellement et d’une mesure comme Impulseo II. Fin 2002, plus d’un tiers des pratiques généralistes aux Pays-Bas disposaient d’un assistant travaillant en moyenne 8 heures par semaine par généraliste travaillant à plein temps. Cette enquête a encore démontré que les généralistes travaillant dans une telle pratique voyaient même un nombre significativement moins élevé de patients que les généralistes travaillant dans une pratique sans assistant.   
C’est ainsi que, notamment, les contrôles de taux de diabète sont pour une grande partie (37 %) effectués par les assistants sanitaires.
Mais les pratiques qui ont recours aux assistants reçoivent en moyenne quelques patients de plus tous les mois. Et se réunissent plus souvent. Donc les pratiques disposant d’assistants n’ont pas moins mais bien au contraire plus d’heures de travail. En d’autres termes, même s’il dispose d’un assistant de pratique, le généraliste veut continuer à exercer son contrôle personnel sur les activités du cabinet, et travaillera donc en conséquence encore davantage.
Déléguer ne fait pas encore partie du vocabulaire du généraliste.  
Le Francophone qui refuse l’association conservera l’impression d’un surcroît de travail, tandis que le Flamand travaillera encore davantage. Et la pression administrative augmente sur l’un comme sur l’autre.

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Source MediPlanet enquête MG 05/2009 Reproduction moyennant autorisation.

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