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Des copies bon marché pour soigner à prix fort certaines maladies rares (Test-Santé)
26/07/2016 - 01:48

L’association de consommateurs Test-Achats dans son mensuel « Test-Santé » de Juillet dénonce les prix excessifs pratiqués par l’industrie pour des copies bon marché de médicaments désormais utilisés pour soigner des maladies rares, rapporte mardi l’Echo.

Test-Santé reproche en effet à certaines firmes pharmaceutiques de copier un médicament existant et de le commercialiser à prix fort sous en nouveau nom comme traitement contre une maladie rare ou orpheline. L’association cite l’exemple du Certican, utilisé depuis longtemps comme immunosuppresseur après une transplantation. Le traitement coûte 402,93 euros pour une boîte de 60 comprimés à  0,75 mg. La même substance active (Evérolimus) est lancé en 2009 sous le nom Afinitor pour le traitement du cancer du rein avancé. Coût: 3.800 euros par mois.

Une constatation qui met l’industrie en porte à faux quand elle évoque des frais de recherche et de développement élevés pour un marché très limité.

"Ces arguments ne tiennent pas la route", rétorque Test-Santé à notre confrère l’Echo. L’association des consommateurs dénonce "des prix excessifs pour des produits qui n’ont nécessité que peu d’investissements". Ayant déjà été utilisés pour traiter une autre maladie, ces produits ont déjà traversé une phase de développement importante. "Les risques encourus par les entreprises pharmaceutiques sont faibles", juge Test-Santé.

"Utiliser des produits connus pour traiter des maladies rares n’a rien de problématique en soi, au contraire", tempère toutefois Test-Achats. "Mais l’industrie pharmaceutique doit alors pratiquer des prix honnêtes, en rapport avec les coûts limités." D’autant que l’Europe octroie des conditions spéciales. Depuis 2000 en effet, les firmes bénéficient de mesures incitatives, comme un monopole de dix ans par exemple.

Pour l’assurance-maladie, la pilule n’est pas non plus facile à avaler. Comme le rappelle notre confrère l’Echo, en 2006, l’Inami a consacré près de 80 millions d’euros au remboursement de médicaments dits "orphelins", c’est-à-dire pour traiter une maladie grave survenant chez moins de 5 personnes sur 10.000. En 2014, cette enveloppe est passée à plus de 280 millions d’euros.

Test-Achats, comme dans son appel du 23 juin, demande à l’industrie de pratiquer des prix honnêtes. Mais pour Test-Santé ça ne suffit pas "D’autres changements s’imposent, comme l’analyse du rapport coût-efficacité des médicaments orphelins." Et de citer à notre confrère l’Echo l’exemple des Pays-Bas où les autorités ayant constaté que le Myozyme, le Fabrazyme et le Replagal coûtaient des millions d’euros par année de vie en bonne santé ont obligé les fabricants à diminuer leurs prix.

FAIRE DU NEUF AVEC DU VIEUX ( Source Test-Achats )