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Concours en médecine : un dur retour à la réalité pour les étudiants ! (CIUM)
29/07/2016 - 02:10

Il y a quelques jours, l’annonce d’une levée des quotas INAMI de 2021 implémentés par le concours en première médecine a fait la une de la presse francophone. Plusieurs informations ont été avancées, allant de la suppression d’un concours préjugé comme « illégal » jusqu’à l’autorisation pour l’ensemble des étudiants de première médecine de poursuivre leur cursus. Le document juridique officiel du Conseil d’Etat étant disponible, la situation semble bien plus mesurée que ce qu’il n’y paraissait.

L’arrêté du Conseil d’Etat a suspendu uniquement le classement des plaignants namurois sur base de l’absence de justificatifs de la part du gouvernement fédéral quant au nombre d’attestations INAMI qui sont disponibles précise le Comité Inter-Universitaire des étudiants en Médecine vendredi dans un communiqué.

Pour rappel, le fédéral fixe un nombre d’attestation INAMI annuel pour les communautés qui les distribuent entre facultés de médecine de façon à fixer le nombre d’étudiants habilités à être formés. Dans le cas présent, le nombre d’attestations INAMI francophones (N = 605), en d’autres termes le nombre de nouveaux médecins dont nous aurons besoin en 2021, ne repose sur aucune preuve scientifique tangible selon le Conseil d’Etat.

Le CIUM se pose également de sérieuses questions quant à l’absence du Gouvernement Fédéral et de justifications de tels chiffres lors de la plaidoirie du dossier. « Rappelons que ce nombre de 605 INAMI n’a plus évolué depuis des années alors que la FWB connaît une hausse importante du nombre de départs à la retraite de nos médecins en fin de carrière depuis quelques années ».

Un second recours a aussi été introduit par des étudiants liégeois dans le but de suspendre l’entièreté du classement de Liège. L’aboutissement de ce recours sera connu seulement dans une dizaine de jour et aura, lui, un réel impact sur la suite des évènements. Si le Conseil d’Etat juge une nouvelle fois le nombre d’attestations infondé et suspend le classement d’une promotion complète, alors l’introduction de recours simultanés à l’UMons, l’ULB et l’UCL pourrait aboutir à la possibilité d’inscription de tous les étudiants ayant réussi leur première année en médecine au terme des deux sessions.

Une telle situation risquerait de cristalliser une nouvelle fois les tensions Nord/Sud dans un dossier hautement communautarisé.

Le rapport du Conseil d’Etat n’a nullement remis en question l’organisation du concours tel qu’il est organisé et consolidé actuellement. Ce concours a d’ailleurs été approuvé par le dit Conseil d’Etat avant son instauration.

Par ce communiqué, le CIUM invite

1. Le gouvernement fédéral à prendre ses responsabilités concernant les quotas qu’ils ont fixés aveuglément depuis plusieurs années. L’évolution démographique francophone de ces dernières années nécessite une révision complète de ces chiffres qui se basent sur des évaluations approximatives datant de la fin des années 90.

 2. Le MR, seul parti francophone impliqué dans le gouvernement fédéral à défendre l’intérêt des francophones dans un dossier où il a été silencieux depuis plusieurs années.

 Par ailleurs, comme annoncé précédemment, le CIUM, principal syndicat des étudiants en médecine et dentisterie, a entamé des démarches juridiques visant à remettre en question l’ensemble des quotas fédéraux qui concernent les étudiants en cours de cursus. "Vu le blocage et les tensions communautaires qui gangrènent ce dossier depuis bientôt 20 ans et vu l’absence de réactivité du MR face à une problématique majeure qui implique directement la santé des francophones, nous entendons obtenir gain de cause par voie juridique" concluent en choeur Quentin Lamelin, Président et Mejdi Al Barajraji, Vice-Président du CIUM