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Concours en médecine: « des recours irresponsables qui se trompent de cible » (CIUM)
28/04/2016 - 06:28

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Mercredi, le journal Le Soir révélait l’existence de plusieurs recours contre le système de sélection au terme de la première année de médecine instauré en faculté de médecine et de dentisterie. Cet article révélait également que la Fédération des Etudiants Francophones (FEF) soutenait publiquement un recours auprès de la Cour Constitutionnelle initialement mené par deux étudiants doubleurs qui, par leur situation, se sont retrouvés en compétition avec les primo-inscrits de cette année.  « Des recours irresponsables qui se trompent de cible «  dénonce jeudi dans un communiqué le Comité Inter-Universitaire des étudiants en Médecine (CIUM)

Pour rappel, le concours de fin de première année des études en sciences médicales a été instauré par la Fédération Wallonie-Bruxelles pour coïncider avec la limitation fédérale du nombre de numéros INAMI délivrés chaque année. Ce concours constituait une solution à l’inadéquation entre le nombre d’étudiants en sciences médicales et le nombre de numéros INAMI disponibles, conditionnés par un quota fédéral et indispensable pour l’accès à la profession. L’instauration de ce concours garantit en premier lieu  l’accès au numéro INAMI pour l’ensemble des 10.000 étudiants en cours de cursus en médecine et dentisterie en FWB. Même si le CIUM et la plupart des autres organisations étudiantes regrettent les circonstances dans lesquelles ce concours a été instauré (pénurie croissante de praticiens, quotas ne correspondants pas toujours aux besoins effectifs, absence de publication d’un cadastre existant, instrumentalisation permanente des diverses parties, etc.), il n’en demeure pas moins une conséquence d’un problème central qui se règlera au niveau du gouvernement fédéral.  

En ce début d’année 2016, le CIUM a d’autre part sondé l’avis d’un échantillon multi-sites de 300 étudiants en médecine et dentisterie sur le concours qui les attend en fin de première: dans la conjoncture actuelle qui caractérise nos politiques fédérales et communautaires, 75% des étudiants sondés accepteraient le concours si c’était, actuellement, le seul moyen d’obtenir un numéro INAMI en fin cursus, tout en précisant que 80% sont pour une révision à la hausse des quotas fédéraux afin qu’ils s’adaptent aux besoins et à l’évolution des pratiques. Ces recours ainsi que leur promotion entrent donc en contradiction avec l’avis général des étudiants sur une question qui les concerne directement. 

Quelques jours seulement après l'annonce par le ministre Marcourt de la libération des INAMI pour cette année, l’annonce de ce recours assombrit le paysage des facultés de médecine et dentisterie francophones. Noyée dans un dogmatisme aveuglant et faisant fi de l'engagement quotidien de milliers d'étudiants en médecine et dentisterie, la FEF met délibérément en péril l'obtention d'un numéro INAMI pour une partie significative des 10.000 étudiants engagés dans le cursus en soutenant cette tentative de recours. Le tout, à l’instar de la problématique des étudiants en médecine vétérinaire, sans tenir compte de l’avis des étudiants concernés.   

   Une situation inacceptable pour le CIUM qui tient à rappeler que les priorités actuelles résident dans :  

1. L'obtention d'un numéro INAMI à l'avenir pour tous les étudiants engagés dans le cursus, lesquels fournissent quotidiennement des efforts considérables pour décrocher leur diplôme et par la même occasion le droit de se former et d’exercer la médecine curative.  

2. La concentration des recours juridiques sur le cœur du problème, à savoir le numerus clausus fédéral qui impose aux communautés des quotas stricts et dépourvus de sens. Plus que jamais, ce système fédéral imposant des quotas stricts basés sur aucune évidence scientifique doit être remis en question. Ces différents recours ne règleront en rien le problème fédéral et, en cas de réussite, ne feront que plonger les étudiants dans l'incertitude en attendant l’instauration d’un nouveau système de sélection qui serait invariablement basé sur ces quotas inchangés. 

3. L’élaboration d’un système de planification de l’offre médicale basé sur i) une détermination des besoins basée sur des preuves scientifiques, ii) l’élaboration d’un cadastre dynamique actualisé annuellement, iii) une révision de la clé fédérale de répartition des quotas (60% pour la Flandre, 40% pour la FWB) en fonction des départs à la retraite des prochaines décennies et iv) sur la garantie d’un accès à des soins de santé de qualité pour chaque citoyen.  

A travers ce communiqué de presse, le CIUM tient à s’opposer à cette action orchestrée dans le dos et contre l’intérêt des principaux concernés.

Pour Quentin Lamelyn, Président du CIUM, « cette farce ressemble davantage à un coup médiatique qu'à une décision murement réfléchie. En feignant s’attaquer au problème, la FEF soutien une initiative qui compromettrait gravement sa résolution ;»

 Enfin, tout en remettant en question les politiques fédérales qui imposent aveuglément aux communautés une sélection/concours en médecine, le CIUM rappelle qu’il est capital de centrer ses efforts et actions sur l’origine du problème, à savoir la loi imposant l’instauration d’un numerus clausus fédéral.    

Commentaire

Concours en médecine: « des recours irresponsables qui se...

Un numerus clausus "tout nu" est stupide, évidemment! Il suffit de voir, en France, la concentration de médecins sur les grandes villes, à proximité de leur université d'origine, ou dans la région "PACA", lieu de vie plus agréable.

À côté de ça de vastes campagnes sont sans (assez de) médecin(s).

Il faut tenir compte des changements professionnels:

1° Les médecins veulent actuellement une vie plus "normale", sans être de garde de nuit tous les jours, en partageant autant leurs expériences et questionnments que les frais d'un cabinet ou d'une précieuse secrétaire, vu les inepties exigées par l'administration bornée (fisc, INAMI, mutuelles), avec 1 ou plus de confrère(s) et, pourquoi pas, des para-médicaux, infirmier(e)s ou kiné.

2° Ils veulent aussi et à bon droit des vacances, sans pouvoir être remplacés par un "asssistant"

2° la profession se féminise: il est logique et normal que nos consoeurs accouchent et profitent de leur congé de grossesse ou qu'elles travaillent à temps partiels avec des enfants en bas-âge. Pour le reste, elles sont aussi capable que des hommes, évidemment.

Donc un numérus clausus ne suffit pas sans répartition géographique et donc, une véritable et concrète analyse des besoins.

Maintenant, la médecine qui prolonge la survie d'inactifs qui ne consomment rarement plus de soins que dans les 2 années précédant le décès, dit aussi cyniquement que politiquement: le jeux vaut-il l'investissement?

Mais cette question est aussi tabou que de se demander si cette régionalisation qui a multiplié les mandataires et les administrations était vraiment raisonnable!