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Sondage exclusif : 91 % des généralistes ne veulent plus être obligés à se déplacer pendant la nuit.
17/02/2016 - 04:21

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Vous avez été près de 300 à répondre immédiatement à notre sondage « Faut-il abolir l’obligation des visites pendant la garde de nuit » Et c’est de nouveau avec une belle unanimité que les médecins flamands et les médecins francophones ont répondu majoritairement oui à l’abolition de cette obligation. (91% au niveau national – 95% pour les francophones-87% pour les flamands) Des résultats qui pourront certainement être utilisés par les représentants des médecins lors de la rencontre ce 19 février avec le ministre Geens pour parler de la sécurité des professionnels de la santé !

Les nombreux commentaires qui accompagnaient les réponses à notre enquête (A lire dans les commentaires en bas de page) expriment bien le sentiment d’insécurité et d’incompréhension ressentis par les généralistes. « Trop de visites inutiles la nuit ou relevant des urgences hospitalières. De plus en plus de sentiments d'insécurité. Obligation qui nous est imposée de nous rendre seuls vers l'inconnu, à nos frais et à l'aide de notre patrimoine personnel, alors que tous les autres services d'urgence sont envoyés à plusieurs, payés comme fonctionnaires + récupérations, et jamais à l'aide de leur biens personnels ! » sont les arguments qui reviennent le plus souvent.

Les rares médecins qui se disent opposés à l’abolition de l’obligation de la visite pendant les gardes le sont « au nom du serment d’Hippocrate », parce que « la première ligne doit remplir son rôle 24h sur 24, sept jours sur sept ». Ou encore ce témoignage d’un confrère de 78 ans qui parle de ses très nombreuses visites de nuit, « avant même qu'il y ait  une garde de week-end, à fortiori de semaine, je sais donc ce qu'il en est et j'ai quand même rarement été appelé « pour rien ». Quant à la protection du médecin, quand je sortais la nuit, pour une adresse inconnue, j'avais toujours mon 6.35 en poche...mais n'ai heureusement jamais eu à le sortir...! »

Pour Claude Dawance, la vice-présidente de la Fédération Liégeoise des Associations de Médecins Généralistes (FLAMG) qui avait samedi dans un communiqué appelé tous les acteurs à construire un autre système de garde , ce sondage le confirme : « les généralistes ne veulent plus de l’obligation de déplacement ni de l’obligation de garde de nuit et exigent de travailler dans de meilleures conditions de sécurité »

Pour ce médecin qui pratique la médecine générale depuis 1979 à Péry ( sur les hauteurs de Trooz) la solution passe par des PMG bien sécurisée, un bon tri via le 1733 et l’abolition de l’obligation de déplacement. « Mais quel a été la réponse du politique depuis 2015 ?» s’offusque Claude Dawance, « La suppression par Madame De Block du budget pourtant voté et acquis pour 2015 et 2016 pour l’ouverture de nouveaux PMG alors même que les cercles de Liège y travaillaient d’arrache-pied depuis un an , la non couverture du territoire complet par le 1733 dont personne ne peut nous dire pourquoi il est impossible et sans cesse reporté à Liège et ce simpliste appel à plus de vigilance de la part de Maggy De Block après l’assassinat de notre confrère Patrick Roelandt ! »

Interrogé par MediPlanet, Paul De Munck, Président du Groupement Belge des Omnipraticiens profite de l’occasion pour transmettre au confrère agressé à St-Nicolas toute la sympathie du GBO en espérant qu’il se remette aussi du choc psychologique que ne manque pas de provoquer toute agression. « Ce nouveau fait qui s’ajoute à une liste qui n’en est que trop longue doit nous conforter à poursuivre notre combat pour faire accepter par le Cabinet De Block qu’il n’y a pas un modèle unique et standard pour la garde en MG (leur vision) mais plusieurs en fonction des contextes et régions.

Le GBO fait partie du groupe de travail « plan d’accords » de la Taskforce mise place au Cabinet. Nous sommes fermement déterminés à y porter la voix de tous les MG, y compris de celle et ceux qui ne voient plus comment assurer leur sécurité en garde de nuit. Le débat sur la garde sera repris en AG du FAGW. Nous serons particulièrement attentifs aux conclusions
»

La loi sur les professions de santé oblige les médecins à ne pas interrompre les traitements en cours, et pour ce qui est de la prise en charge des patients qui ne sont pas connus par lui, impose, au travers de commissions médicales provinciales, la participation à une couverture médicale au bénéfice de toute la population de la zone concernée, que le patient qui appelle soit connu ou non du médecin. La même loi sur les professions de santé a confié l’organisation pratique et la gestion du système de garde « population » aux cercles de médecins généralistes, qui reçoivent un subside pour assurer ce service.

« On nous répond sans cesse que c’est la loi qui nous oblige à ce déplacement, alors même que la loi nous oblige à porter secours et ce après avoir assuré notre sécurité » rappelle Claude Dawance. « Nous pouvons porter secours avec un autre système de garde et s’il faut changer la loi (mais est-ce certain?), changez-la Messieurs les Politiques au lieu de nous répondre que c’est trop difficile et trop long à faire. Votre immobilisme inconscient risque de faire encore beaucoup de dégâts parmi les nôtres. Et les nôtres, soutenus par la Police, vous disent que ça suffit de nous exposer ainsi à un danger que vous n’oseriez pas affronter vous-mêmes au quotidien en 2016 » clame la dynamique Vice-Présidente de la FLAMG

Pour Jacques de Toeuf, Président de l’ABSyM, « il est important que l’ordre national des médecins revoie le contenu de l’article 118 de son code de déontologie, en y incluant comme condition autorisant le médecin à ne pas répondre à un appel d’urgence, la crainte ou l’appréciation négative qu’il formulerait à l’égard des risques qu’il court en répondant à la demande. » En outre, poursuit le Président de l’ABSyM,  « il semble raisonnable vu, d’une part, le petit nombre de visites à domicile en nuit profonde et d’autre part, le fait qu’à peu près 80% de ces patients sont quand même envoyés à l’hôpital après la visite (cf. chiffres du FAG), de supprimer l’obligation des visites à domicile en nuit profonde, de façon légale, et de la remplacer par la présence du généraliste dans un poste de garde ou dans les services de garde hospitalière

Le code de déontologie, en son article 118, n’autorise un médecin à se soustraire à un appel urgent que s’il a la conviction qu’il y a  un réel danger ou s’il est retenu par une urgence plus importante. Quand on connaît les capacités manipulatoires de ceux qui émettent des appels avec l’intention de nuire, on peut comprendre que la conviction du médecin par rapport à l’évaluation d’un danger soit difficile à établir.

« En restant dans le cadre légal actuel, il importe que les cercles locaux, soutenus en cela par les syndicats médicaux, prennent contact avec le gouverneur de la province et la commission médicale provinciale, pour organiser la sécurisation des prestataires de garde au cours de leurs déplacements en visites à domicile. » précise Jacques de Toeuf.

Ce ne sera probablement pas limité aux visites de nuit profonde, puisque le meurtre commis sur le Dr Roelandt est survenu pendant la journée et a été commis par un patient qu’il avait en traitement.

Pour le GBO comme pour l’ABSyM « Ces réflexions doivent s’inscrire dans le cadre plus général de la réforme totale du système d’aide médicale urgente telle que prévue par la ministre De Block, qui prévoit aussi un accueil et un triage téléphonique centralisé. »

On le voit, le débat sur la garde en médecine générale est loin d’être clos. Espérons qu’il ne faudra pas encore regretter une nouvelle victime pour que les revendications des médecins généralistes arrivent au niveau des pouvoirs publics.

 

 

Commentaire

Sondage exclusif : 91 % des généralistes ne veulent plus être...

Garder la garde pour les soins palliatifs et les maisons de repos mais pas pour tous ces patients qui appellent pour tout et n'importe quoi sans respect de la personne ni même d'eux mêmes. Ne devenons pas les night shop de la médecine mais je pense que c'est déjà le cas.

Sondage exclusif : 91 % des généralistes ne veulent plus être...

Oui,mais dans les conditions actuelles (centrale de garde,médecin de garde avec chauffeur) parce que les patients ne savent pas toujours juger du degré réel d'urgence,quant à envoyer un enfant fiévreux en clinique en pleine nuit,sans que ce ne soit décidé sur examen médical,si c'était mon enfant,ça ne m'enchanterait pas.J'a 78 ans,et ai fait de très nombreuses visites de nuit,avant même qu'il y aà®t une garde de week-end,à fortiori de semaine,je sais donc ce qu'il en est,mais j'ai quand même rarement été appelé "pour rien.Quant à la protection du médecin,quand je sortais la nuit,pour une adresse inconnue,j'avais toujours mon 6.35 en poche...mais n'ai heureusement jamais eu à le sortir...!

Sondage exclusif : 91 % des généralistes ne veulent plus être...

En effet , le risque d'agression est croissant, d'autre part, dans bon nombre de cas le patient peut selon la gravité soit se déplacer soit appeler le 112, et le temps que passe le médecin sur la route est du temps médical perdu. L'abolition de l 'obligation légale des visites pendant la garde de nuit laissera toujours le choix au médecin au cas par cas d'effectuer une visite de nuit.

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Cela devient trop dangereux pour les rares cas o๠la visite est nécessaire (soit 1x/10 les autres 9 appels sont trop souvent des questions de convenances personnelles de luxe de patients irrespecteux)Je précise que j'ai déjà été appelé à 23h30 pour une ordonnances de compresses et aussi été agressé (mais je me suis défendu)

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Trop de dépenses humaines pour si peu d'appels réellement de médecine générale. Devenue trop dangereuse et cause d'abandon de la médecine générale déjà en pénurie. La disparition de l'obligation de déplacement ne privera pas les confrères désireux de se déplacer de nuit comme de jour de continuer à le faire.

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L'insécurité de tout les médecins ne va faire qu'augmenter à partir du moment ou l'argent circule de mains à mains !! le tiers payant dans ce cas est la seule solution avec bien entendu l'écriteau recto verso sur le medecin en fluo de préférence " je ne transporte pas d'argent ".Merci .

Sondage exclusif : 91 % des généralistes ne veulent plus être...

Les VRAIES urgences de nuit peuvent rarement être réglées par un généraliste au chevet du patient, avec peu de moyens techniques sous la main (sans même parler du problème sécuritaire). Soit l'appel est modérément urgent et peut attendre le lendemain matin, soit il s'agit d'une véritable urgence qui nécessite quasiment toujours une hospitalisation et des examens complémentaires..donc oui, la visite de nuit obligatoire est devenue obsolète. Cependant, l'organisation en poste de garde, avec appel centralisé, véhicule et chauffeur, comme nous le faisons à Charleroi, diminue grandement le risque d'agression, même s'il ne rend pas la visite de nuit plus nécessaire...

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Insécurité, appels souvent en nuit profonde pour l'hôpital s'ils ne peuvent être programmés plus tôt dans la soirée.Surcharge de travail pour des médecins vieillissants. Nombre de gardes élevé.Exception pour des patients grabataires, palliatifs, MRS et décès.

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Aucune autre profession l'obligation de prendre de tels risques (même les policiers ne s'y risquent pas seuls), en étant payé une fois sur deux et sans possibilité de récupération le lendemain. Tout ça pour un honoraire de disponibilité dérisoire. Un serrurier gagne mieux sa vie et peut choisir ses clients.

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J'ai moi même été carjacke il y a quelques années, et même avec le système de taximan qui vous attend, je ne voies pas ce qu il peut faire... Il n' existe pas encore de black liste qui pourrai vraiment aider les médecins... Je suis un homme et j ai une stature imposante, mes mais collègues féminines ont deja eu de grosses frayeurs... La féminisation de la profession est également à prendre en compte....

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Trop dangereux et souvent inutile :autant attendre le lendemain pour un mal de gorge ou de la T° pour un infarctue autant aller de suite à l'hôpital ,de toutes façons pendant la journée les urgences de l'hôpital sont remplis de "petits bobos " qui eux auraient pu appeler le MT

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Je trouve que ce n' est plus aux généralistes d' assumer cette tache.Aucune prof. N'accepte de travailler la nuit sans repos compensatoire,ces visites génèrent un stress aussi bien pour le médecin que pour sa famille,et souvent nous ne pouvons pas faire grand chose:soit c'est l'hôpital, soit personne ne sait aller chez le pharmacien.......De plus , nous avons des journées de parfois 10h de travail,nous devons quitter nos consultations pour courir la campagne,les maisons n' ont pas de numéro, le gsm ne passe pas ,bref,beucoup de temps perdu et parfois on arrive avec l smur parce que le patient angoisse et ne sait pas attendre.Cette opinion n' engage que moi, et soyez rassurés j' ai réalisé le test burn out et il est négatif. Merci pour ce sondage.

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En pratique, toutes les visites demandées après 21h sont essentiellement des visites de convenance personnelle. Les patients courent à l'hôpital durant la journée pour de simples problèmes de constipation ou de diarrhée alors qu'ils pourraient se rendre à la consultation du généraliste qui reçoit sans rdv. Les patients inscrits dans une maison médicale n'ont que la possibilité de se rendre effectivement à l'hôpital s'il n'ont pas réussi à obtenir un rdv le jour même pour résoudre leurs problèmes.

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Lorsque l'on entend un commissaire de police répondre q'uil ne sait pas répondre à un appel d'urgence d'un médecin agresse , cela fait peur. On nous envoie dans des endroits o๠il n'y a aucune sécurité. Meme en visite accompagnée avec un chauffeur, la sécurité n'est pas à 100% car quand la porte est fermée, on reste seul. C'est criminel des organisations de nous envoyer au casse pipe. Le système acjuel n'est il pas dépassé? Mais peut être que nos élus ne s'inquiètent pas car ils n'en ont rien à faire.

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Visites souvent inutiles car débouchant souvent vers hospitalisation (donc passage du médecin inutile, SMUR mieux équipé et plus habitué que nous pour les grosses urgences, perte de temps pour le patient) ou alors c'est un banalité ne justifiant pas une visite nocturne

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Garde sous payée avec un risque élevé agression , nous avons en général des médicaments , argent parfois 2500 euros en liquide , alléchant pour c junkie . Vu la suppression des banques sur Esneux pas moyen faire des dépôts au distributeur. Je serai le suivant . Le port d'une arme est indispensable

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Trop de visites inutiles la nuit ou relevant des urgences hospitalières. De plus en plus de sentiments d'insécurité. Obligation qui nous est imposée de nous rendre seuls vers l'inconnu, à nos frais et à l'aide de notre patrimoine personnel, alors que TOUS les autres services d'urgence sont envoyés à plusieurs, payés comme fonctionnaires + récupérations, et JAMAIS à l'aide de leur biens personnels !

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La nuit, un médecin ne devrait se déplacer que pour des urgences vitales qui ne sont plus du ressort du MG en 2016. Quant aux autres "urgences" ( T°, petite traumato, enfant qui pleure, caprices et exigences diverses ...) les patients doivent se déplacer vers un PMG (en MG ) et non pas vers des urgences hospitalières. Il est grand temps de rééduquer aussi les patients. La grande majorité des urgences nocturnes relèvent de la convenance ou de la facilité personnelles des patients bien trop exigeants. Il est temps aussi de faire remarquer aux "urgentistes" qui se disent débordés, et aux politiques leur hypocrisie malsaine quant à leur réelle volonté de participer à la revalorisation de la MG et au désengorgement des urgences. Hospitalocentrisme quand tu nous tiens !!!

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la nuit en théorie ce ne sont que des visites qui dépendent du service d'urgence (il ne devrait pas y avoir d'appel pour un banal problème la nuit qui peut attendre le lendemain, d'où l'importance d'un bon tri au central téléphonique. De plus il y a les postes avancés de garde. NB Ce sont plus souvent des personnes sans médecin traitant qui font appel à la garde, les autres préfèrent attendre leur médecin le lendemain.

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la nuit en théorie ce ne sont que des visites qui dépendent du service d'urgence (il ne devrait pas y avoir d'appel pour un banal problème la nuit qui peut attendre le lendemain, d'où l'importance d'un bon tri au central téléphonique. De plus il y a les postes avancés de garde. NB Ce sont plus souvent des personnes sans médecin traitant qui font appel à la garde, les autres préfèrent attendre leur médecin le lendemain.

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La visite de nuit, c'est du travail de dépannage à effectuer par des confrères concentrés sur cette tâche: bien réveillés (càd pas en train de somnoler entre 2 journées de travail), débrouillards et aimant l'être (trouver et connaître des solutions en situations de moindres services collectifs), bref des généralistes- gardistes, méritant le respect de tous pour un job spécifique et les honoraires consacrant cette reconnaissance.